02/10/2015

Refus de la Nouvelle Comédie : manque d'audace, manque de vision et en contradiction avec le tournant culturel amorcé sur le plan fédéral!

En juin 2015, le Conseil national a accepté le message "Culture 2016 -2020". Dans ce message, la Confédération a décidé d'étendre la promotion de la culture et de la rendre accessible au plus grand nombre. Toute personne doit avoir accès aux offres culturelles dans leurs variétés quel que soit son statut, son origine, sa formation ou son revenu. La culture ne doit pas être considérée comme un luxe mais au contraire comme un facteur de cohésion sociale.

A Genève, alors que le Conseil municipal de la Ville de Genève avait voté en mai dernier un crédit de 98 millions pour la Nouvelle Comédie, la majorité de droite de la commission des travaux du Grand Conseil vient de refuser le crédit d'investissement de 45 millions qui représente la contribution du canton à ce projet d'envergure. L'UDC et le MCG y étaient de toute façon opposés mais on pouvait attendre mieux du PLR qui s'est associé aux forces obscurantistes pour faire pencher la balance du mauvais côté.

Les arguments s'additionnent dans le camp du non en objectant que le projet est trop cher, qu'il faut attendre le débat sur la répartition des tâches entre canton et communes ou encore que le projet architectural n'est pas  celui que l'on souhaite...

Les députés "neinsager" feraient bien de se rappeler que le canton dispose maintenant d'une loi sur la culture qui lui donne la mission d'établir une politique culturelle coordonnée en concertation avec la Ville de Genève et les autres communes. 

Le week-end dernier, la population genevoise est venue en nombre pour visiter le chantier du CEVA en particulier le site de l'Ancienne Gare des Eaux-Vives où va s'étendre un nouveau quartier comportant des logements, des infrastructures sociales, sportives et cultuelles dont la Nouvelle Comédie sera l'un des fleurons. Mais en persistant dans ce refus, le chantier laissera place à un trou béant ! 

En renonçant à la Nouvelle Comédie, pourtant planifiée de longue date, on va au-delà du simple rejet d'une institution: on nie le fait que la culture participe au vivre ensemble. De surcroît, dans un canton prospère tel que le nôtre, renoncer à ce beau projet c'est donner raison à ceux qui veulent une Genève frileuse et incapable d'avoir une vision d'avenir.

C'est aussi se mettre en porte-à-faux avec le tournant culturel amorcé sur le plan fédéral.

 

01:08 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Cette droite est stupide et sans vision, certes.

On pourrait aussi imaginer, qu'après les manoeuvres de la droite la plus bête du monde, la gauche municipale dépasse un peu ses blocages idéologiques et cherche à concrétiser le projet de Nouvelle Comédie par le biais d'un vrai partenariat public-privé.

Cela changerait des jérémiades habituelles d'une gauche plus habituée à dépenser ce qu'elle prélève par l'impôt qu'à aller rechercher des partenaires financiers pour des projets d'envergure...

Écrit par : Déblogueur | 02/10/2015

" De surcroît, dans un canton prospère tel que le nôtre, ..." J'ajoute : dont la couleur des finances publiques est rouge vif depuis de nombreuses années et dont la réforme de la fiscalité des entreprises ne va pas améliorer la situation.

Ne pensez-vous pas que face aux nombreux projets d'investissements du canton (agrandissement de la gare Cornavin, transports publics, traversée du Lac, Nouvelle Comédie et j'en passe ...), ce canton devra impérativement faire des choix et définir des priorités ? A moins qu'il ne trouve d'autres ressources de financement ou d'économies ? Ou à moins d'augmenter les impôts, mais chuuuuttt, nous sommes en période électorale ...

Pour tous ces projets d'investissements, chacun voit midi à sa porte ...

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 02/10/2015

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