09/03/2016

Journée des femmes : et après ?

Nous sommes au lendemain de la Journée des femmes qui est toujours une occasion de manifester et de rappeler que les femmes sont encore dans bien des domaines des citoyennes de seconde zone.

Même si bien des choses se sont améliorées, du moins pour les femmes du monde occidental, force est de constater qu'il reste un long chemin à faire pour faire appliquer les principes d'égalité inscrits notamment dans la constitution suisse depuis 1981.

Commençons par les salaires qui sont toujours d'environ 20% inférieurs à ceux des hommes. Cette égalité est d'autant plus difficile à réaliser que les femmes qui s'estiment lésées face à leurs collègues masculins doivent prouver qu'à compétences égales, elles gagnent moins qu'eux. Il y a d'abord le problème de transparence qui n'est pas le fort des entreprises. Ensuite, quand il est avéré qu'il y a une différence de salaire injustifiée, il est souvent difficile pour les femmes de revendiquer un salaire égal, d'autant plus dans ces temps d'incertitude économique.

Dans ce contexte, que propose le Conseil fédéral ? une mesure bien faiblarde qui consiste à demander aux entreprises de produire régulièrement la liste de salaires afin de constater si des inégalités subsistent. Il faut donc compter sur la bonne volonté des entreprises dont c'est le cadet des soucis. Sans une mesure un peu plus volontariste, il faudra attendre des années pour que les choses changent.

Autre point sur lequel on peut se faire du souci. Il est apparu récemment qu'il y avait une recrudescence de licenciements de femmes à leur retour du congé maternité. Cela est inacceptable ! 

Dans la même veine, on peine encore à aider les couples à concilier vie familiale et vie professionnelle. Les femmes sont particulièrement concernées mais de plus en plus d'hommes jeunes ne visent pas qu'à faire carrière mais souhaitent prendre une part active à l'éducation de leurs enfants. Or, là aussi, on ne leur facilite pas la tâche  en ne favorisant pas le travail à temps partiel avec possibilité d'avancement.

Les places de crèches continuent à manquer cruellement en Suisse et c'est une des pierres angulaires permettant de concilier famille et travail. A noter qu'en Ville de Genève, une véritable avancée a été faite dans ce domaine et l'on parviendra prochainement à couvrir la totalité des demandes. Mais cela vient d'une politique volontariste de la municipalité (exécutif et délibératif réunis).

Je ne prétends pas épuiser le sujet aujourd'hui mais il faut aussi aborder la question de la violence faite aux femmes et donc des relations entre les sexes dès le plus jeune âge, qui après une embellie, semblent de nouveau mises à mal. Preuve en est le manque de respect avec lequel les filles sont parfois traitées par leurs congénères masculins. Et plus grave ou corollaire de cette attitude, le récent sondage montrant qu'en France, de nombreuses personnes (femmes et hommes) impute la responsabilité du viol en partie aux victimes qui provoqueraient les hommes avec des tenues légères...

Les graves événements survenus le 31 décembre à Cologne et dans d'autres villes ne doivent pas masquer le fait que les abus sexuels et viols sont en grande partie le fait de personnes proches des victimes et se perpètrent avant tout dans la sphère privée. Mais cela pose la question de la place des femmes et des filles dans l'espace public.

Après le 8 mars, il nous reste beaucoup à faire sur de nombreux plans, éducatif, social, économique, politique afin de faire avancer la cause des femmes dont les hommes seront aussi les bénéficiaires.

 

 

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Journée des femmes et après ? "La pause"

Écrit par : norbert maendly | 09/03/2016

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