21/02/2015

La Tribune de Genève, porte-voix de l'UDC valaisanne ?

Samedi 21 février, la Tribune de Genève fait les grands titres avec l'initiative valaisanne qui veut interdire les couvre-chefs en classe. En fait, personne n'est dupe, il s'agit de stigmatiser les jeunes musulmanes qui viendraient avec un foulard en classe. Après l'initiative malheureuse contre les minarets, l'UDC version nationale ou locale continue à développer son fonds de commerce qui est de faire croire que l'identité de la Suisse est menacée parce que des personnes arborent des signes qui n'appartiennent pas à la religion chrétienne. Cette stratégie bien pensée a pour but de dresser les habitants et habitantes de ce pays les uns contre les autres et votent ce genre d'interdictions en croyant prévenir les dérives intégristes. 

Au contraire, vouloir légiférer sur des problèmes inexistants, voire marginaux, a pour effet de stigmatiser la population musulmane dont une grande partie est suisse. Cette attitude est de nature à menacer la cohésion sociale et le bien vivre ensemble. Quant aux leçons de féminisme que des éminents représentants de l'UDC veulent donner aux musulmans, il serait bon de leur rappeler certains fondamentaux de leur parti, relayés par leur Conseiller fédéral Ueli Maurer, à savoir que la place des femmes est à la maison et aux tâches ménagères.

Enfin, on peut s'étonner que la Tribune de Genève accorde autant de place à une initiative lancée en Valais alors que le parlement genevois vient de refuser un projet de loi émanant...de l'UDC évidemment (!) et qui demandait la même chose que l'initiative valaisanne. On me rétorquera qu'il faut laisser la place au débat. Mais quand l'objet du débat ne relève pas d'un réel problème, on fait le lit des extrémistes en le médiatisant à l'excès.

 

 

 

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04/02/2014

Cancer du sein : à qui profiterait la fin des programmes de dépistage ?

Alors que le cancer du sein est le 2e type de cancer le plus répandu et que la Suisse est particulièrement touchée par cette maladie, voilà que le Swiss Medical Board met en doute le bienfondé des programmes de dépistage existant dans plusieurs cantons notamment romands. Et cela sans se baser sur de nouvelles études: il s'agit d'une prise de position qui prétend lancer le débat.

Les représentants de cette institution  qui ne sont pas des spécialistes de santé publique entendent décourager de nouveaux cantons d'introduire des programmes de dépistage systématiques et limiter dans le temps ceux qui ont cours actuellement.

Si ces programmes étaient abandonnés, le dépistage ne serait plus remboursé par l'assurance de base et   les femmes de condition modeste risqueraient d'y renoncer. De plus, les dépistages individuels ne font pas l'objet du même contrôle de qualité. Au moment où certains veulent privatiser le recours à l'interruption de grossesse, une attaque contre un programme de prévention qui a fait ses preuves est  particulièrement mal venue tant du point de vue éthique que social.

A l'heure où l'on recherche toute économie possible, on peut  se demander à qui profiterait la fin de ces programmes de dépistage...Heureusement, des voix, parmi lesquelles on trouve la directrice du registre des tumeurs genevois et des conseillers d'Etat, se sont déjà élevées contre cette prise de position néfaste à la santé des femmes.

Affaire à suivre de très près !

 

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08/12/2013

Décès de N. Mandela : certains dirigeants suisses ont la mémoire courte !

Les médias sont remplis d'hommages à l'occasion du décès de Nelson Mandela: il le mérite amplement au regard de son parcours exceptionnel et de sa personnalité hors norme.  Ce concert de louanges et les panégyriques de toutes sortes pourraient laisser croire que notre pays, la Suisse et ses dirigeants en particulier, ont de tout de temps combattu le régime cynique de l'apartheid. Or, faut-il rappeler que les milieux économiques et bancaires les plus influents, relayés par les partis bourgeois ont soutenu ce régime même au plus fort de la répression et quand de l'état d'urgence complet a été décrété en 1986.

Rappelons-nous qu'un certain Christoph Blocher a fondé en 1982 le "Groupe des amis de l'Afrique du Sud" qui avait pour objectif de soutenir le régime de l'apartheid en faisant de la propagande en Suisse pour dissuader la population d'avoir un regard critique et de se solidariser avec le peuple sud-africain.

Les trois principales banques suisses d'alors (UBS, SBS, Crédit suisse) commercialisaient près de la moitié de l'or sud-africain et ont permis à plusieurs reprises le rééchelonnement de la dette sud-africaine.

A ce moment, on n'écoutait pas beaucoup le leader Mandela, maintenant si admiré, qui appelait avec la grande majorité des opposants à l'apartheid au boycott de ce pays.

Alors oui, rendons un vibrant hommage à Madiba et à tous ceux qui ont payé de leur vie leur aspiration à la dignité mais osons un devoir de mémoire et une autocritique de la politique suisse d'alors.

Laurence Fehlmann Rielle, conseillère municipale de la Ville de Genève, ancienne présidente du MAAS (Mouvement Anti-Apartheid de Suisse).

Plus d'infos sous:

http://alencontre.org/suisse/nelson-mandela-sest-eteint-l...

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