06/06/2018

Loi sur les jeux d'argent : quand les opposants utilisent la prévention comme alibi !

Parmi les opposants à la loi sur les jeux d'argent, on trouve des jeunes de presque tous les partis qui s'insurgent contre le manque de prévention et la prétendue censure d'internet au nom d'une liberté qui voudrait que la toile soit totalement dérégulée. Rappelons que dans la loi, il est question de bloquer l'accès aux jeux en ligne qui ne sont pas liés à un casino basé en Suisse.

Tout d'abord, s'agissant de la prévention, je peux souscrire aux arguments de certains opposants qui déplorent que le parlement ait refusé une commission d'experts indépendants qui aurait suivi l'évolution des jeux notamment en ligne ou sur le manque de financement additionnel pour les mesures de prévention à destination des cantons, amendements que j'ai moi-même défendus en commission et en plénum. Je relève cependant que personne parmi les opposants actuels à la loi ne s'est mobilisé auprès des parlementaires des partis bourgeois pour leur faire entendre raison. Il est un peu facile maintenant de prendre la prévention comme alibi pour un référendum qui aura comme résultat, si la loi était refusée, de non seulement priver la Suisse de moyens substantiels pour l'utilité publique mais aussi d'affaiblir encore la prévention en faveur des joueur-euse-s excessif-ve-s car il n'y aura aucune mesure sociale prise par les opérateurs étrangers.

Enfin, il serait bon que les promoteurs du référendum se rendent compte de la contradiction qu'il y a d'une part à recevoir un financement des opérateurs étrangers et d'autre part à promouvoir la liberté économique et sur le net. Ce d'autant que les généreux donateurs sont basés dans des paradis fiscaux où il y a de forts risques de blanchiment d'argent. Or, il faut rappeler que le but de la loi contestée est aussi de lutter contre la fraude fiscale et le blanchiment d'argent. Y aurait-il une liberté à géométrie variable ? 

Une fois la loi acceptée, il sera nécessaire de faire un suivi des mesures prévues dans le domaine de la prévention notamment.

Mais pour l'heure, il faut accepter cette loi qui représente un bon compromis.

 

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02/10/2015

Refus de la Nouvelle Comédie : manque d'audace, manque de vision et en contradiction avec le tournant culturel amorcé sur le plan fédéral!

En juin 2015, le Conseil national a accepté le message "Culture 2016 -2020". Dans ce message, la Confédération a décidé d'étendre la promotion de la culture et de la rendre accessible au plus grand nombre. Toute personne doit avoir accès aux offres culturelles dans leurs variétés quel que soit son statut, son origine, sa formation ou son revenu. La culture ne doit pas être considérée comme un luxe mais au contraire comme un facteur de cohésion sociale.

A Genève, alors que le Conseil municipal de la Ville de Genève avait voté en mai dernier un crédit de 98 millions pour la Nouvelle Comédie, la majorité de droite de la commission des travaux du Grand Conseil vient de refuser le crédit d'investissement de 45 millions qui représente la contribution du canton à ce projet d'envergure. L'UDC et le MCG y étaient de toute façon opposés mais on pouvait attendre mieux du PLR qui s'est associé aux forces obscurantistes pour faire pencher la balance du mauvais côté.

Les arguments s'additionnent dans le camp du non en objectant que le projet est trop cher, qu'il faut attendre le débat sur la répartition des tâches entre canton et communes ou encore que le projet architectural n'est pas  celui que l'on souhaite...

Les députés "neinsager" feraient bien de se rappeler que le canton dispose maintenant d'une loi sur la culture qui lui donne la mission d'établir une politique culturelle coordonnée en concertation avec la Ville de Genève et les autres communes. 

Le week-end dernier, la population genevoise est venue en nombre pour visiter le chantier du CEVA en particulier le site de l'Ancienne Gare des Eaux-Vives où va s'étendre un nouveau quartier comportant des logements, des infrastructures sociales, sportives et cultuelles dont la Nouvelle Comédie sera l'un des fleurons. Mais en persistant dans ce refus, le chantier laissera place à un trou béant ! 

En renonçant à la Nouvelle Comédie, pourtant planifiée de longue date, on va au-delà du simple rejet d'une institution: on nie le fait que la culture participe au vivre ensemble. De surcroît, dans un canton prospère tel que le nôtre, renoncer à ce beau projet c'est donner raison à ceux qui veulent une Genève frileuse et incapable d'avoir une vision d'avenir.

C'est aussi se mettre en porte-à-faux avec le tournant culturel amorcé sur le plan fédéral.

 

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22/09/2015

Budget de l'Etat: les coupes se retourneront contre la population

Le Conseil d'Etat a déposé un budget d'austérité afin de parer aux déficits que devraient enregistrer les comptes 2015. La droite applaudit aux mesures d'économies qui vont frapper en première ligne la fonction publique et se réjouit de cette opportunité de faire maigrir l'Etat. Mais à lire le président du parti libéral-radical, le gouvernement n'en fait pas encore assez et la cure d'amaigrissement devrait se poursuivre avec des réformes structurelles, à savoir par des mesures de démantèlement durables.

Cette situation appelle trois commentaires :

- les déficits et l'augmentation de la dette que le parti libéral-radical et ses alliés décrient tant ont été provoqués par leur politique désastreuse de baisses successives d'impôts qui, depuis 1999, ont fait perdre plus d'un milliard au canton sans profiter aux ménages à bas revenu et de la classe moyenne : cela s'appelle être pompier-pyromane !

- la politique du Conseil d'Etat vaudois qui a rétabli ses finances publiques est montrée en exemple: on oublie soigneusement de mentionner que c'est sur le dos des communes que le canton s'est refait une santé...!

- enfin, les mesures d'économie réalisées sur le dos de la fonction publique auront une incidence directe sur les prestations à la population. Ceux qui ont tendance à stigmatiser les fonctionnaires (c'est dans l'air du temps...!) oublient un peu vite que ce sont principalement eux qui enseignent à nos enfants, qui soignent les malades, qui s'occupent des personnes âgées, qui conduisent nos bus, qui veillent à notre sécurité, etc., etc.

C'est au final la population qui sera perdante si une telle politique est mise en oeuvre. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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